Président de la Renaissance Mons, Fred Herpoel voit grand en compagnie des jeunes de la région

S’il reste beaucoup à faire, l’ancien gardien des Dragons et des Diables rouges estime que le club se trouve sur la bonne voie.
S’il reste beaucoup à faire, l’ancien gardien des Dragons et des Diables rouges estime que le club se trouve sur la bonne voie. - F.Mi.

Fred, quelle année, partagée entre le retour du RAEC Mons via la Renaissance, et la crise sanitaire.

En effet ! Nous avons eu la chance qu’au moment où la pandémie s’est déclarée, le projet était déjà bien en place. Comme tout le monde, j’ai eu peur pour ma santé et celle des autres. Par contre, je n’ai jamais eu de craintes par rapport à la RM 44 et à son lancement. Les personnes impliquées n’attendaient que ça, et depuis longtemps. En 2018, il y avait déjà eu une tentative de « come-back ». Il était alors question de transformer le RAQM en RAEC, mais l’idée n’avait pas abouti.

Qu’est-ce qui a fait la différence cette année ?

La poussée, l’insistance, des personnes qui n’attendaient que ça, justement. Un club n’est rien sans supporters. En ce qui nous concerne, ils ont eu un impact énorme dans le retour du RAEC. D’ailleurs, leur porte-parole, Vincent Lomanto, a intégré l’organigramme.

Le premier tour a commencé mais a vite été interrompu. Comment voyez-vous la suite de la saison ?

Impossible de répondre pour l’instant ! Seule certitude : l’envie de retrouver le terrain est bien présente, peu importe le niveau. Si des joueurs ont l’occasion de disputer ne fût-ce que cinq matches, ils ne vont certainement pas s’en priver. Des matches de championnat, s’entend. Se contenter de joutes amicales, c’est une autre histoire, qui soulève pas mal de questions…

Comment avez-vous vécu les longues périodes d’arrêt ?

Comme les jeunes figurent au centre de notre projet, il était frustrant de les voir stoppés dans leur élan pour des raisons indépendantes de la volonté générale. À partir de là, pour ne pas les pénaliser, ne pas les priver de leur passion, nous avons décidé de maintenir les entraînements en respectant à la lettre les directives du gouvernement. Des séances ont encore eu lieu la semaine passée, avant la parenthèse de fin d’année.

Comment jugez-vous l’avancement des « travaux » depuis fin juin ?

Éternel insatisfait, j’estime qu’il reste encore beaucoup à faire. Mais bon, le projet va dans le bon sens. Gillian Hermand, notre responsable « com », nous a appris dernièrement qu’avec près de 550 abonnés, la Renaissance fait partie du top-5 wallon derrière le Standard, Charleroi, le FC Liège et Mouscron. Du reste, au niveau de la direction, j’ai attiré des Montois compétents en leur matière, fans de l’Albert, bosseurs et nullement intéressés par une quelconque publicité. Si bien qu’aujourd’hui, nous avons un organigramme ficelé pour tenir la route en Nationale 1. Cela m’amène à la réflexion suivante : si le projet ne prend pas dans la configuration actuelle, personne n’y arrivera.

Des prétentions ?

Pour l’instant, nous ne sommes nulle part. Nous restons un club de D3 ACFF. Mais ce serait mentir de déclarer que le RAEC, appellation officielle dès la saison 2021-22, n’a pas de réelles ambitions. Nous ne cherchons pas à atteindre la D1A ou la D1B. Par contre, la Nationale 1 représente un objectif réaliste. Au-delà de ça, nous voulons retrouver tout ce qui assurait l’identité du club, du temps de l’ancienne D3 : un maximum de jeunes de la région dans l’équipe-fanion, des supporters qui se déplacent pour voir le fils d’un voisin, d’un copain ou d’un ancien joueur, et tout ce beau monde qui se retrouve après le match autour d’un verre.

Que vous inspirent les premiers résultats sur le terrain ?

Pas terrible sur le plan comptable, pour notre équipe A du moins (NDLR : 3/12). N’empêche, je suis fier, à plus d’un titre. Fier d’avoir vu quatre gamins de 17 ans titulaires en D3. Fier aussi de la P2, seule en tête du classement au moment de l’arrêt, alors qu’elle se compose en grande partie de jeunes de 17 à 19 ans. Là, notre projet prend tout son sens.

Où en sont les contacts avec les autres clubs de l’entité montoise ?

Nous avons déjà eu l’occasion de les approcher. Et dès janvier, nous allons leur expliquer comment nous envisageons la collaboration. Je veux que Mons soit une « locomotive » pour la région et son énorme vivier. L’Albert n’a pas su le faire du temps de la D1 ? Eh bien, je veux y arriver, même avec notre statut de D3 ACFF. Que les choses soient claires : il n’est pas question d’aller piquer des jeunes. Nous ne forcerons personne, ni les enfants, ni les parents, ni les clubs voisins. J’aimerais cependant qu’une relation de confiance s’installe et que les clubs proposent eux-mêmes leurs bons jeunes. Comme j’oblige mes coaches à former pour la Nationale 1, les enfants ne peuvent que progresser. Si après deux ou trois ans, ils ont bien évolué, mais pas assez pour la N1, ils retourneraient alors dans leur club d’origine… avec un autre bagage. Tout le monde en sortirait gagnant, je pense.

F.Mi.

Parmi ses favoris 2020, les récoltes de dons pour l’Epicerie du Coeur de Mons

Reconnaissant.
Reconnaissant. - D.R.

Quelles sont les personnalités locales qui vous ont le plus marqué cette année ?

Je n’en citerai pas une en particulier. Par contre, dans le contexte de la crise sanitaire qui a rythmé notre vie une bonne partie de l’année 2020, je mets volontiers à l’honneur tous les membres du personnel soignant, toutes fonctions confondues. En première ligne depuis le début de la pandémie, ils n’ont pas hésité à prendre des risques pour soigner, soulager et accompagner les malades.

Quelles initiatives locales vous ont marqué en 2020 ?

Nous avons organisé une récolte de dons au profit de l’Épicerie du Cœur de Mons. Concrètement, chaque enfant qui nous apportait un jouet ou une denrée alimentaire avait droit à une séance gratuite lors de nos ateliers spécifiques. Succès total, avec 80 jeunes en deux jours ! Formateurs, coaches, dirigeants et supporters ont contribué également, si bien que nous avons rempli deux camionnettes. Chapeau aussi à l’opération Bomoko, relayée par Vincent Rousseaux.

Quels sont vos commerces locaux favoris ?

Il y en a beaucoup, et je m’en voudrais d’en oublier si je devais établir une liste. Je dirais donc tous les commerces qui ont su se réinventer pour se sauver, pour garder la tête hors de l’eau. Bref, pour éviter la catastrophe. Chapeau aussi aux commerces qui n’ont pas hésité à venir en aide aux plus démunis.

F.Mi.

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