Les militants pro consigne déversent 16.000 canettes devant le Parlement wallon

Un groupe de militants pro consigne s’est réuni ce mardi matin devant le parlement wallon pour demander l’adoption du système de consigne des canettes. Un convoi composé d’un tracteur et d’une benne s’est déplacé jusque devant le parlement wallon. Une militante, Régine Florent, prenait justement la parole devant l’assemblée pour demander que la consigne soit appliquée.

« Nous avons déversé environ 16.000 canettes, contenues dans de nombreux sacs-poubelles bleus », explique Philippe Duvivier, le président de la FUGEA (fédération unie de groupements d’éleveurs et d’agriculteurs).

V.L.

Une quarantaine de personnes réunies

Le groupe d’une quarantaine de personnes, habillé en gilet jaune d’ambassadeur de la propreté, arborait des pancartes avec notamment le slogan « Ne jetez pas vos canettes dans les prairies ou les champs, c’est la consigne ! ». Le groupe s’est réduit à une vingtaine d’éléments par la suite.

Une quarantaine de manifestants demandaient l’adoption de la consigne.
Une quarantaine de manifestants demandaient l’adoption de la consigne. - V.L.

« Nous les avons déposés avant de le reprendre pour les amener au centre de tri de Namur. L’action veut montrer notre soutien à Mme Florent qui a eu le courage de faire une pétition et d’aller au bout, et aussi pour dire que le monde politique doit arrêter de se mettre des œillères. La consigne a déjà fait ses preuves dans d’autres pays européens. »

Une Dinantaise devant le parlement wallon pour réclamer la consigne des canettes

Régine ramasse des dizaines de canettes à chaque balade.
Régine ramasse des dizaines de canettes à chaque balade. - D.R.

À Dinant, Régine Florent est connue en tant que « Madame canettes ». Depuis des années, elle mène une lutte sans fin contre les canettes qui se retrouvent dans l’environnement. « Je fais de la course à pied depuis longtemps. À chaque sortie, j’observais ces canettes dans les bas-côtés de la route. Ça me rendait malade », confie l’habitante de Falmignoul.

Elle a donc commencé par se munir de sacs PMC lors de ses sorties. Puis, Régine s’est renseignée sur le système de consignation de ce genre de déchets. « La consigne marche. On en a la preuve chez nos voisins allemands et dans les pays scandinaves. Les Hollandais ont même élargi leur système à d’autres déchets que la canette. »

Une consigne réduirait le nombre de déchets sauvages le long de nos routes.

Cette conviction, Régine compte bien la partager à grande échelle. Elle s’exprimera en ce sens, mardi, devant le parlement wallon. Une nouvelle disposition permet à tout citoyen wallon d’amener un sujet d’intérêt général sur la table du parlement, à condition de rassembler 1.000 signatures sur le site du parlement. C’est ainsi que Régine a eu l’opportunité d’interpeller les autorités wallonnes.

0,25 € par canette

Si Régine se tourne vers le pouvoir politique, c’est qu’elle et les autres ambassadeurs de la propreté en Wallonie ne voient jamais la fin de leur combat. « C’est notre supplice de Sisyphe, dès qu’on a fini on peut tout recommencer. Si les ambassadeurs de la propreté, nous on les appelle les ‘pigeons ramasseurs’, arrêtaient leur action, la démonstration serait vite faite. Plein de gens nous disent d’arrêter de ramasser car c’est jouer le jeu de l’industrie, mais on est de bonne volonté et surtout excédés et conscients des dégâts sur l’environnement. »

Elle réclamera donc l’instauration d’une consigne en Région wallonne. « C’est une compétence régionale. Ce serait plus facile si les trois régions avancent de concert, mais les choses sont en train de bouger à tous les niveaux. Il faut qu’une région montre le chemin. Une fois que le pied sera mis sur la bonne voie, les autres régions suivront et l’industrie n’aura d’autre choix que d’accepter. »

Un système de consigne, comme pour les bouteilles en verre.

Quant au prix ? « Les aspects techniques, ce n’est pas à moi de les régler. Mais si je me base sur les pays où ça fonctionne, il faudrait une consigne à 25 centimes, 5 ou 10 cents ne seraient pas suffisants. » Selon elle, l’incitant financier fonctionne. « Il y a quelques années, on trouvait des sacs plastiques partout dans la nature parce qu’on les recevait gratuitement dans les grandes surfaces. Quand les sacs sont devenus payants, les gens ont pris leurs courses dans leurs mains, ou dans un carton ou un panier », illustre-t-elle.

Convaincre malgré les oppositions de l’industrie

La Dinantaise déplore l’influence de l’industrie dans ce débat. « Il y a beaucoup d’opposition de la part de l’industrie et de la grande distribution car le système actuel leur convient bien. Pour eux, c’est le meilleur des mondes puisque ce qui est jetable est vendeur. Mais ils ne peuvent pas ne pas être conscients de l’impact sur l’environnement. »

N’est-ce pas finalement un problème de comportements inciviques ? « C’est une technique de lobbying d’essayer de détourner l’attention du citoyen en disant que le problème ce n’est pas le produit, mais le consommateur. Les inciviques ne jetteraient pas leurs déchets dans la nature si le produit n’était pas jetable », répond Régine Florent.

Ses arguments sont documentés et réfléchis, l’ambassadrice de la propreté est prête à en débattre avec les députés wallons. Ce mardi matin, les pigeons ramasseurs mèneront une action devant le parlement en soutien de son intervention.

COLLEEN TORDEUR

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