L’inscription de Jürgen Conings sur la liste OCAM n’est pas remontée à la hiérarchie

L’inscription de Jürgen Conings sur la liste OCAM n’est pas remontée à la hiérarchie
Belga

En juin 2020, le militaire aujourd’hui recherché a posté anonymement des menaces contre le virologue Van Ranst sur Facebook. Une enquête judiciaire a été ouverte. Parallèlement, le SGRS a procédé à la réévaluation périodique de l’habilitation de sécurité dont disposait l’intéressé et, en août, la lui a retirée. En novembre, lorsque le retrait de l’habilitation est notifié, un entretien a eu lieu entre le SGRS et le responsable hiérarchique de Jürgen Conings. En février 2021, celui-ci a été placé sur la liste de l’OCAM au niveau de menace 3 sur 4.

« Il semble que l’information ait seulement été traitée au niveau du SGRS, sans remonter vers la hiérarchie. Le chef du SGRS dit n’avoir pas été informé », a expliqué la ministre.

La raison de cette absence de transmission fait l’objet d’une enquête.

Au début de cette année, le SGRS suivait toujours le militaire. Une opération visant à utiliser des méthodes particulières de recherche à son égard a été suspendue et les moyens redirigés vers une autre opération jugée à ce moment plus prioritaire.

« Ce n’est pas normal »

Le 17 mai 2021, Jürgen Conings, muté à une fonction logistique, a emporté des armes et des munitions de la caserne où il officiait. Il a utilisé les accès dont il disposait toujours malgré son inscription sur une liste de l’OCAM et aurait abusé de la confiance d’un de ses collègues. Le vol a été constaté le lendemain.

La ministre n’a pas non plus été informée de ce qui concernait Jürgen Conings. « Ce n’est pas normal et ne doit plus se reproduire », a-t-elle ajouté.

Le service de renseignement militaire a été pointé du doigt par plusieurs députés. Ce n’est pas la première fois qu’il est visé. Les problèmes en son sein avaient déjà été épinglés par la commission d’enquête parlementaire sur les attentats terroristes en 2017.

« Le SGRS est en situation de défaillance grave depuis des années. J’ai été, avec d’autres, partisan d’une fusion avec la Sûreté de l’État (renseignement civil), c’est une option qu’il faut remettre sur la table », a souligné le député Georges Dallemagne (cdH).

Le mot dysfonctionnement est revenu à plusieurs reprises, plusieurs parlementaires ont jugé l’absence de transmission des informations au sein du SGRS « ahurissante ». « Seulement des remontrances ne suffiront pas », a averti Denis Ducarme (MR).

La ministre a pris une série de mesures depuis le début de l’affaire. Dimanche, elle a annoncé que onze des vingt-huit militaires suivis par le SGRS pour leurs accointances avec l’extrême-droite avaient été écartés des armureries et d’une série d’autres lieux sensibles. Les autres sont toujours suivis mais ne font pas l’objet de mesures d’écartement. La simple expression d’une opinion politique ne peut justifier un traitement particulier, a-t-elle fait remarquer même si, parmi ces soldats, figureraient deux policiers militaires affectés à la surveillance des parlements.

« Chasse aux sorcières »

La N-VA et le Vlaams Belang ont dit ces derniers jours leurs craintes d’une « chasse aux sorcières » visant à la Défense tout qui serait de droite ou flamingant. Les propos ont choqué dans la majorité. Wouter De Vriendt (Ecolo-Groen) a exhorté les nationalistes à ne pas affaiblir le combat contre l’extrémisme en « polarisant ».

À gauche, tant le PS que le PTB ont visé la responsabilité de l’extrême-droite dans la crise qui survient aujourd’hui et qui se traduit aussi bien par le cas de Jürgen Conings que ceux qui le soutiennent. Après l’incendie d’un centre pour réfugiés à Bilzen, le rassemblement organisé par le Vlaams Belang contre le gouvernement à Grimbergen et au cours duquel des sympathisants ont arboré des symboles nazis, la levée de l’immunité parlementaire du député et fondateur de l’organisation identitaire « Schild & Vrienden », etc. « Voilà les semeurs de haine aujourd’hui », a lancé Christophe Lacroix (PS). « On peut continuer à dire que le danger vient de tous côtés mais, aujourd’hui, il y a un danger qui est clair et il vient de l’extrême-droite », a fait remarquer Steven De Vuyst (PTB).

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