Journée cruciale dans le procès Flammang aux assises d’Arlon: la guerre des experts!

Un contre-expert automobile a été mandaté pas la défense.
Un contre-expert automobile a été mandaté pas la défense. - Belga images

Cette journée de mercredi était d’une importance capitale dans le cadre du procès d’assises d’Eric Flammang. Les explications des différents experts pourraient permettre d’en savoir plus sur les circonstances du drame : la sortie de route de la citroën Berlingo jusque dans le lac de Rabais résulte-t-elle d’un accident de roulage ou plutôt d’une poussée volontaire sur l’accélérateur ? Les experts automobiles ont présenté leurs rapports durant près de trois heures.

À commencer par l’expert automobile mandaté par le juge d’instruction, Monsieur Joblin. L’expert présente sa conclusion sur la cause de la sortie de route : « La cause de cette sortie de route est un passage sur une berge d’une distance d’environs 25 mètres et une immersion dans l’eau avec un véhicule lié à une certaine force motrice au moment des faits. Je peux être affirmatif et dire que selon la définition du terme « accident » nous ne sommes pas dans cette typologie-là. »

L’expert a ensuite passé de longues minutes à présenter ses travaux d’expertises aux jurés et à la Cour. Des explications techniques et parfois fastidieuses. « La première vitesse était enclenchée, et selon mes calculs il roulait à une vitesse de 15,73 kilomètres par heure. Il y a également le fait que l’angle de sortie de route et l’absence de traces de freinage en périphérie directe ne correspondent pas à une perte de contrôle subite. Tous ces éléments permettent de remettre le caractère accidentel, imprévu et fortuit des événements en question. »

Expert de la défense

Vient ensuite la contre-expertise de Pascal Legrand, mandaté par la défense.

« En ce qui concerne ce qui a amené la voiture à circuler sur la berge, je n’ai pas d’explication. Mais je sais qu’il a dû y avoir un acte mécanique sur le volant », entame-t-il, avant d’exposer ses constatations. Ou plutôt, ses critiques envers le travail de son confrère. « Le croquis détaillé de la berge et de la trajectoire du véhicule effectué par Monsieur Joblin ne correspond pas avec ce que moi je conclus. Mais nous ne devons pas avoir les mêmes outils. »

Pascal Legrand a également passé quelques minutes à remettre en doute le travail effectué par les enquêteurs de la police judiciaire, et notamment les conclusions tirées des analyses des caméras de surveillance de « La paillote gaumaise ». Le président Borlé a souhaité mettre carte sur table : « Vous critiquez le travail d’une enquêtrice qui est sur les lieux, je lui permettrai par la suite de se défendre ».

« Il y a des incertitudes »

La conclusion de Pascal Legrand repose sur le travail de ses prédécesseurs et a de quoi semer le doute dans l’esprit des jurés : « Pour moi il y a des incertitudes concernant la chronologie, notamment la trajectoire sur la berge, la cinématique du véhicule et les images de la caméra de surveillance qui sont inexploitables. Par contre on a des certitudes comme l’endroit de la sortie de la berge, le fait que la voiture circulait à faible vitesse, Eric Flammang était au volant tandis que Raymond Lochet était passager et ne portait pas de ceinture ».

Au moment de poser des questions, l’expert automobile fait descendre par la partie civile : « J’entends beaucoup de critiques mais reste que les conclusions ne nous apportent rien de bien neuf et elles ne contredisent pas ce que les autres ont dit. Vous êtes tous d’accord, en définitive, pour dire qu’il n’y a pas de trace de freinage et qu’il y avait une force motrice incitée par une personne qui avait le pied sur l’accélérateur. »

Les deux experts ont terminé avec la confrontation. Ils ont été rejoints par l’inspectrice en charge de l’analyse des caméras de surveillance. Tous ont appuyé leurs constations de même que leur mode de travail. Aux jurés maintenant de se faire un avis sur les différentes conclusions.

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