Inondations: une plainte contre l’État envisagée pour homicides involontaires

Inondations: une plainte contre l’État envisagée pour homicides involontaires

Plus d’une semaine après les inondations qui ont dévasté le pays, le bilan s’élève à 37 personnes décédées et 6 personnes encore portées disparues. Si, pour certaines familles, l’heure est au deuil, à Chaudfontaine, des citoyens et des entreprises ont décidé de s’unir au sein d’un collectif. Leur objectif? Qu’une enquête objective et indépendante soit ouverte afin d’établir la vérité sur les dysfonctionnements intervenus aux barrages d’Eupen et de la Gileppe durant la nuit du 14 au 15, mais aussi les semaines précédentes. La communication calamiteuse vers les communes, auxquelles on a dit que les évacuations n’étaient pas nécessaires, devra également faire l’objet de toutes les attentions.

«Nous sommes persuadés que les deux vagues meurtrières et dévastatrices qui ont traversé la vallée de la Vesdre sont dues à l’ouverture des vannes du barrage d’Eupen. Pourquoi n’a-t-on pas délesté les barrages d’Eupen et de La Gileppe plus tôt alors que pas moins de 35 alertes ont été émises?», interroge Bruno Liesse, porte-parole de deux collectifs calidifontains qui se sont créés. Pour l’habitant de Chaudfontaine, qui n’a pas été sinistré, deux hypothèses sont envisageables: d’une part, une négligence et d’autre part, un intérêt économique. «Ces deux barrages sont aussi des centrales électriques. En délestant le barrage, on n’actionne pas la turbine…»

Une chose est certaine, ces citoyens en colère ne pensent pas qu’une enquête en interne, comme l’a proposé le ministre Henry, puisse apporter des réponses à leurs questions. «Le ministre est juge et partie! Il veut réaliser une enquête en interne et, le lendemain dans la presse, il dément toute responsabilité du barrage d’Eupen, incriminé», s’énerve le porte-parole du collectif, qui est persuadé que des décès sont liés à une intervention humaine. «Des actes criminels ont été posés! Rien qu’à Chaudfontaine, 300 habitations ont été détruites, une quinzaine de personnes ont perdu la vie. Certains sinistrés sont hébergés à l’hôtel mais, d’ici neuf jours, ce seront des SDF alors que d’autres se sont suicidés après ces deux vagues d’eau qui ont tout ravagé sur leur passage», regrette le Calidifontain, convaincu que des responsabilités doivent être établies. La volonté du collectif n’est évidemment pas d’envoyer en prison le technicien au barrage d’Eupen qui a appuyé sur le bouton permettant le délestage de plusieurs centaines de mètres cubes d’eau à la seconde.

«Le vrai problème, c’est que l’on n’est pas préparé. En cas de canicule, par exemple, aucun plan ne prévoit la distribution d’eau aux 800.000 seniors. Pour une pandémie non plus, nous n’étions pas prêts… On l’a vu avec le Covid. Plutôt que de tout vouloir régionaliser, c’est une ligne rouge qu’il faut instaurer avec le Premier ministre. Ces phénomènes ne devraient d’ailleurs pas être gérés au niveau d’un État, mais plutôt de manière internationale!», conclut le porte-parole, qui indique être en discussion avec plusieurs cabinets d’avocats en vue d’ester en justice.

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