Le Djoker éliminé à la roulette allemande aux JO

Analyse
@Reuters
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C’est l’un des coups de tonnerre les plus bruyants de la première semaine olympique. Il a fait trembler l’Ariake Coliseum en proie aux orages, mais surtout pleurer Alexander Zverev et tomber Novak Djokovic… La foudre s’est abattue à 6/1, 3/2, alors que le Nº1 mondial servait pour confirmer son emprise sur sa demi-finale : jeu blanc de débreak pour l’Allemand, qui n’en perdra plus qu’un sur les dix suivants ! « Je rentrais trop dans son jeu », expliquera le 5e joueur ATP. « Je suis alors devenu beaucoup plus agressif, j’ai frappé chaque balle, saisi chaque chance. »

Quand il exprime sa puissance sans retenue, au service comme dans ses frappes de revers, Zverev ne craint plus personne. La franche accolade dont l’a gratifié le Serbe traduit donc le mérite de celui qui disputera dimanche la médaille d’or face au Russe Karen Khachanov (ATP 25). Comme les larmes du grand Sascha, que ne retiendra pas plus son frère aîné Mischa, tout aussi éberlué dans son rôle de consultant, expriment la valeur qu’il accorde à cette ‘breloque’ non-rémunérée dans un sport individuel dont plusieurs stars préfèrent les dollars. Elles situent aussi la portée de l’exploit réalisé. « Sans doute l’un des plus grands de ma carrière. Parce qu’ici, je ne joue pas seulement pour moi ou mes proches, mais pour tous les sportifs, tous les gens qui sont restés en Allemagne et me regardent. »

Surtout, parce que le Djoker y paraissait plus invincible que jamais sous sa cape virtuelle de « GOAT », le plus grand joueur de l’histoire. Le débat, subjectif, ne sera jamais tranché. Mais les trois premiers Grand-Chelems de l’année qui ont ramené le Serbe à égalité avec Nadal et Federer, détenteurs de 20 titres majeurs, lui promettent, à 34 ans qu’il ne paraît pas, cette quête du record qui lui importe le plus pour s’inscrire au panthéon de son sport. Seuls trois hommes avaient surpris Nole cette année, en 41 matchs, et il fondait sur la finale en dessinant sa 23e victoire consécutive avec la même autorité que lors des 4 tours précédents, où il n’avait cédé que 17 jeux et aucun set.

Star la plus convoitée des chasseurs de selfies du village olympique, Djokovic poursuivait la mission qu’il s’est désormais fixée : écrire l’histoire du tennis en devenant le premier joueur à réaliser un « Golden Slam », soit gagner les quatre Grands-Chelems et les Jeux la même année, exploit que seule Steffi Graff a réalisé, en 1988. C’est la motivation qui avait fini par emporter ses hésitations à rallier la bulle sanitaire de Tokyo entre Wimbledon et l’US Open, le dernier Majeur disputé en septembre. Mais comme à Londres en 2012 au pied du podium et à Rio 4 ans plus tard dès le premier tour, conclu en larmes au bout d’un combat homérique face à Del Potro, Djoko n’assouvira pas sa quête d’or. Comme à Pékin en 2008 alors qu’il n’avait que 20 ans ou dans le double mixte, dont il a perdu la demi-finale dans la foulée, associé à Nina Stojanovic, le Serbe, devra se contenter du bronze, s’il a encore le cœur à en priver l’Espagnol Carreno Busta.

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