INTERVIEW - Manon Lepomme retrouve (enfin) le bonheur de la scène, à Arlon

Manon Lepomme ne sera pas seule sur scène à Charleroi, mais avec deux autres comédiennes...
Manon Lepomme ne sera pas seule sur scène à Charleroi, mais avec deux autres comédiennes... - Henry Margeres

C’est dans une comédie en trio que vous pourrez retrouver Manon Lepomme sur la scène des Arlonfolies le 19 août prochain. Après plusieurs mois d’arrêt à cause de la crise sanitaire, l’humoriste belge n’a rien perdu de son panache ni de son énergie et revient vers le public avec plusieurs projets.

Enfin vous pouvez remonter sur scène ! On peut dire qu’il était temps ?

C’est un bonheur retrouvé ! Je dirais qu’on avait presque oublié ce qu’on ressentait, qu’on avait presque oublié à quel point c’était bien. On retrouve très vite ses marques, c’est un peu comme le vélo, ça ne s’oublie pas. Ça fait un bien fou de remonter sur les planches et de voir que le public est content d’être là et qu’il est bouillant.

Le 24 avril dernier, vous postiez un message pour Alexander De Croo suite aux annonces sanitaires pour la culture. La coupe était pleine ?

Ça faisait longtemps de mon côté que la coupe était pleine. J’avais vraiment l’impression qu’on baladait le secteur culturel et qu’on le méprisait très fort. Quand on a dit qu’on pouvait recommencer à jouer avec 50 personnes dehors, je me suis dit : « C’est une blague ! ». J’avais donc posté ce statut où je faisais un budget pour montrer ce que coûte une soirée.

Comme je l’ai expliqué, j’ai de la chance parce que je suis seule sur scène mais lorsqu’on est plusieurs, c’est juste invivable. En fait, la plupart du temps, et c’est normal, le public ne se rend pas compte de tout ce qui se passe derrière, de tout ce qu’il y a autour de l’organisation d’un spectacle et c’est logique puisque le but est que ce ne soit pas montré.

Ce message, c’était pour montrer que bien que je sois seule sur scène, derrière, il y a une dizaine de personnes qui travaillent et elles doivent aussi être payées. Beaucoup de gens m’ont dit : « Engagez des bénévoles ! ». Non, des gens travaillent de ça et il faut qu’ils continuent à pouvoir travailler de ça. Si tout le monde commence à faire du bénévolat, le secteur culturel n’a plus aucune chance, ni de raison d’être.

Combien de dates avez-vous dû supprimer ?

Avec la France et la Belgique, plus de 40 dates. Certaines dates sont complètement perdues parce qu’il est impossible de les replacer et surtout, il y a des dates qu’on reporte et qui prennent la place d’autres dates. Il y avait 40 directes mais il y a les 40 autres indirectes.

Si on retourne un peu en arrière, comment vous avez vécu cette période Covid ?

Elle n’est pas finie bien sûr mais je ne l’ai pas bien vécue du tout. Il y a eu des hauts, il y a eu des très bas. Il y a des moments où on se demande à quoi on sert et ce qu’on va faire de notre vie. Moi, j’ai fait du bénévolat dans l’accueil de SDF et ça m’a fait du bien parce que de un, j’ai vu des gens et surtout, je me suis confrontée à une autre réalité, ce qui m’a permis de relativiser ma propre situation.

De là a découlé un projet de capsules vidéos que je devais sortir le 14 juillet mais au vu des intempéries, ce n’était pas le bon moment pour le faire car les gens avaient clairement autre chose à penser.

Pouvez-vous nous en dire plus ?

Ça fait plusieurs années que je rencontre des gens très inspirants, qui me donnent la patate et qui me redonnent foi en l’humanité puisque les capsules s’appellent « Une bulle d’humanité ». Ils mettent en place de super projets et j’avais vraiment envie de les mettre en valeur. Ça faisait donc très longtemps que j’y pensais mais avant le Covid, je n’avais pas le temps de m’y consacrer. J’ai presque tout fait moi-même, j’ai filmé, j’ai aidé au montage, j’ai choisi les musiques, j’ai écrit les textes, etc. La première capsule sera dévoilée ce dimanche.

C’est bientôt également la fin de votre spectacle « non je n’irai pas chez le psy » après presque 400 représentations. Comment vous sentez-vous par rapport à cela ? Est-ce que vous vous attendiez à faire autant de représentations ?

Ce sera une soirée très spéciale parce que ça sera la dernière fois que je le joue, il y aura des surprises et des invités. On va faire ça au Forum à Liège, chez moi, donc ça sera une belle façon de clôturer cinq ans de tournée. Je ne m’attendais pas du tout à ça quand j’ai commencé à jouer ce spectacle donc c’est super de pouvoir finir comme ça et je me réjouis d’avance.

Vous jouerez bientôt aux Arlonfolies mais pas seule, cette fois : comment est née cette collaboration.

Je serai avec Isabelle Hauben et Isabelle Innoncente. Isabelle Hauben qu’on connaît surtout via Le grand cactus mais qui fait ce métier depuis bien plus longtemps. Quand nous nous sommes rencontrées toutes les trois, ça a directement « matché », on a écrit la pièce à trois. On a pu commencer à jouer en septembre 2020. Ça a super bien marché mais on a, à nouveau, été stoppés par les restrictions et donc on reprend avec la première date ici, à Arlon, le 19 août.

De quoi parle ce spectacle ?

Le spectacle parle de trois amies, qui se connaissent depuis toujours, et qui ont toutes les trois des caractères bien trempés. On montre des instants de vie, on les voit chez le coiffeur où elles parlent de tout et de rien, des moments où il faut en réconforter une qui pensait avoir trouvé l’amour de sa vie et les deux autres n’en peuvent plus parce qu’elles font ce qu’elles peuvent pour la réconforter. Elles vont aussi être demoiselles d’honneur d’un mariage où elles n’ont pas du tout envie d’aller. Est-ce qu’elles iront ou pas ? Pour le savoir, il faut venir le voir. Elles sont très humaines, elles sont très différentes mais elles s’aiment beaucoup.

On se réjouit beaucoup parce que c’est une reprise, ça fait longtemps qu’on n’a plus joué, on est surexcitées. Je crois qu’on sera très en forme. Je suis très contente car j’avais l’habitude de jouer seule mais pouvoir rejouer avec d’autres personnes, c’est super et en plus avec ces deux-là, c’est un pur bonheur parce qu’on sait qu’on va s’amuser. C’est du caviar !

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite ?

Ce qu’on peut nous souhaiter, c’est que ça reprenne de plus belles pour tout le monde, pour tout notre secteur et que l’on puisse faire encore notre métier longtemps dans des conditions respectables et qu’on puisse surtout ramener du bonheur aux gens.

Poursuivez votre lecture sur ce(s) sujet(s) :Arlon (prov. de Luxembourg)Liège (prov. de Liège)
Notre sélection vidéo
Aussi en PROVINCE DE LUXEMBOURG