12 suspects impliqués dans un réseau de blanchiment à hauteur de 12 millions d’euros

Cités devant le tribunal correctionnel de Bruxelles.
Cités devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. - Photonews

Selon le parquet, ce genre de pratiques est typique de ce que l’on appelle les «réseaux brésiliens», qui s’installent régulièrement en Belgique depuis plusieurs années. « Des Brésiliens ou des Portugais reprennent ou créent des entreprises belges dans les secteurs de la construction ou du nettoyage industriel », explique le procureur Gilles Blondeau. « Il ne s’agit cependant que de sociétés fictives, comprenez des sociétés qui n’exercent aucune activité réelle mais qui sont utilisées pour commettre des actes répréhensibles. »

« Si de véritables entreprises du secteur de la construction ou du nettoyage, par exemple, veulent employer des travailleurs non déclarés, elles ont besoin d’argent noir en liquide pour les rémunérer », précise le porte-parole du parquet. « Cet argent est commandé à une organisation criminelle comme celles-ci, qui met en place un système de fausse transactions et de fausses facturation grâce à ses sociétés écrans. Les entreprises qui ont besoin d’argent noir paient de fausses factures pour des services inexistants sur le compte de la société fictive impliquée. L’argent est ensuite retiré, parfois après avoir transité par plusieurs comptes différents, afin d’opacifier encore plus les activités criminelles et les rendre plus difficiles à détecter. Finalement, après avoir déduit une commission, l’organisation criminelle remet l’argent aux entreprises de construction ou de nettoyage qui peuvent l’utiliser pour payer leurs employés non déclarés. »

Cette affaire a débuté en janvier 2020 lorsqu’un responsable d’une agence bancaire de Hal a remarqué que son distributeur automatique était systématiquement vide entre 05h00 et 06h00 du matin et ce, depuis plusieurs jours. Sur les images de vidéosurveillance, les employés de la banque ont remarqué qu’un homme, à chaque fois le même, effectuait des retraits importants à l’aide de plusieurs cartes bancaires différentes.

Le 24 janvier, la police a interpellé un homme de 33 ans, originaire de Buizingen, en possession de 75 cartes bancaires. Toutes étaient émises au nom de personnes ou de sociétés portugaises, mais gérées par le suspect. Au cours des sept semaines précédant son arrestation, l’homme les a utilisées pour retirer environ 1,3 million d’euros en espèces.

« Une enquête approfondie a révélé que le suspect était l’un des dirigeants d’une grande organisation de blanchiment d’argent aux ramifications internationales, soupçonnée de fournir de l’argent noir ’sur commande’ à des entreprises de construction principalement belges », a expliqué le procureur général. « Sur une période de 11 mois, des transferts ont été effectués via au moins cinq sociétés écrans pour un total de 12 millions d’euros. »

Le ministère public poursuit 12 personnes dans cette affaire, dont les deux chefs présumés de l’organisation, deux hommes de 33 et 54 ans.

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