D’importants investissements planifiés sur le site de Bastogne Barracks

La ministre avait visité le site de Bastogne Barracks en mars dernier.
La ministre avait visité le site de Bastogne Barracks en mars dernier. - A. G.

Le War Heritage Institute (WHI, le parastatal de la Défense dédié depuis 2017 à la conservation du patrimoine historico-militaire et à la mémoire) sera doté de moyens supplémentaires, à la fois financiers – grâce au développement de « partenariats », y compris avec le privé – et en personnel, a affirmé lundi la ministre de la Défense, Ludivine Dedonder.

Elle a présenté le plan stratégique de cet institut pour la période 2021-2025, lors d’une conférence de presse au coeur du « vaisseau-amiral » du WHI, le Musée royal de l’Armée et d’Histoire militaire (MRAH) installé au Cinquantenaire à Bruxelles.

Continuer de contribuer à la mémoire

Ce plan, adopté en juin à l’unanimité par le conseil d’administration, vise à « assurer un avenir pérenne au WHI pour les cinq prochaines années » (soit la période 2021-2025), a déclaré Mme Dedonder (PS), qui exerce la tutelle sur cette institution.

L’objectif de ce plan est de poursuivre et de développer les missions essentielles du WHI, à savoir la conservation et l’accessibilité optimales de ses sites et collections, dans les meilleures conditions possible. Le WHI veut ainsi continuer à contribuer à la commémoration et à la mémoire des conflits armés dans lesquels la Belgique a été impliquée, tant en Belgique qu’à l’étranger.

Le plan stratégique prévoit, selon la ministre », des « investissements équilibrés » entre les sites existants – le Fort de Breendonk (province d’Anvers), le Boyau de la Mort à Dixmude (Flandre occidentale), le bunker de commandement Kemmel à Heuvelland (Flandre occidentale) et Bastogne Barracks dans la ville éponyme – et ceux « qui verront prochainement le jour ».

Des partenaires recherchés

Elle a notamment cité le site à créer à Ypres en 2026 pour rassembler – au détriment du musée Gunfire de Brasschaat, au nord d’Anvers – le matériel roulant utilisé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale après la fermeture prévue du quartier militaire 1ste wachtmeester (premier maître) Lemahieu. La base aérienne de Beauvechain abritera pour sa part un « pôle muséal aéronautique ». Sa mise sur pied a créé en début d’année une polémique essentiellement communautaire, avec l’octroi d’une pièce maîtresse, un avion de transport C-130H Hercules réformé, au détriment du musée Dakota installé sur la base de Melsbroek.

Mme Dedonder a également promis des moyens supplémentaires en personnel au profit du WHI, avec l’affectation de 65 militaires à l’institut – ils sont actuellement 72, mais ce nombre est appelé à se réduire avec les départs prévus à la retraite. Le sous-effectif est « chronique », avec 170 équivalents temps plein, selon le directeur général du WHI, Michel Jaupart, qui espère atteindre les 250 ETP.

Cela passe notamment par la recherche de partenariats pour l’exploitation des six sites et l’obtention de nouvelles sources de financement, a expliqué M. Jaupart.

Il a également détaillé la nouvelle structure de l’institut, qui sera réorganisé en quatre « plateaux » : ouest (rassemblant le Boyau de la Mort, le bunker du Mont Kemmel à, et à terme, l’« open depot » d’Ypres), centre, constitué du MRAH et de Beauvechain, nord, avec uniquement le Mémorial national du Fort de Breendonk et enfin est, avec le site Bastogne Barracks.

Un dépôt ouvert

Chacun de ses sites se verra attribuer un important de 650.000 euros sur la durée du plan pour assurer les investissements les plus urgents, notamment pour rénover « des infrastructures souvent vétustes » et peu adaptées à la présentation des « collections exceptionnelles » du WHI, selon M. Jaupart.

Concernant plus spécifiquement Bastogne Barracks, la Défense estime que le site dispose d’un réel potentiel de développement. Des aménagements vont être réalisés afin de présenter Bastogne Barracks au public comme un site intégral. « Le grand hangar abritant les véhicules de la Seconde Guerre mondiale à Bastogne Barracks est transformé en dépôt ouvert. Des travaux seront entrepris à différents endroits du site et le VRC sera doté d’une nouvelle cabine de sablage. Les travaux à Bastogne seront terminés pour l’ouverture par la Ville et IDELUX de la Cave McAuliffe en 2023 », indique le WHI dans son dossier de presse. Le site possède déjà quelques beaux chars du Musée royal de l’Armée et Bastogne Barracks, installé dans le quartier sous-lieutenant Heintz, est destiné non seulement à conserver les véhicules militaires actuels mais à accueillir dans le futur la principale collection du pays de véhicules datant de la Seconde Guerre mondiale.

« Grâce à une approche plus commerciale, une meilleure gestion des sites et une meilleure présentation des collections », nous avons l’ambition de mettre des lieux comme Beauvechain, Kemmelberg et Bastogne Barracks sur la carte du patrimoine militaire européen », a pour sa part dit le président du conseil d’administration, Koen Palinckx.

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