Une jument volée à Mabompré: les propriétaires retrouvent un étrange document

Ilse van de Meer est une jument à robe noire.
Ilse van de Meer est une jument à robe noire. - D. R.

C’est un vol plutôt rare et inhabituel qui s’est produit dans la nuit de dimanche à lundi à Mabompré (Houffalize). Une jument à la belle robe noire, prénommée Ilse van de Meer et provenant de l’élevage de chevaux de trait du Pré d’Awée, a été volée, vivante, en prairie. Les voleurs ne s’en sont pas pris à son poulain, qui est resté sur place. « A priori, le vol s’est produit après minuit, entre 1h et 5 heures du matin, dans la nuit de dimanche à lundi. Les ravisseurs sont venus avec un seul véhicule, un petit camion sans doute, à en juger des traces qu’ils ont laissées et qui s’arrêtent à la route », confie Joël Grandjean, propriétaire de l’élevage avec son épouse. « Comme la jument est très gentille, elle s’est laissée faire. Mais la pouliche d’à peine six mois qui était avec elle n’est pas encore tout à fait sociabilisée et elle s’est sans doute rebellée. Puis elle est allée se réfugier auprès d’une autre jument ».

Ce n’est que ce lundi matin que lui et son épouse se sont rendu compte qu’un des chevaux, en l’occurrence Ilse van de Meer, manquait à l’appel. « Mon épouse avait aperçu lundi matin un papier accroché à un piquet à l’entrée de la prairie. Mais elle n’a pas fait vraiment attention car des chasseurs ont fait une battue samedi et elle a pensé qu’ils avaient oublié d’enlever l’affiche qui prévenait de cela ».

Vers la Pologne et la Tchécoslovaquie ?

En y regardant de plus près, ils ont donc découvert un bien étrange document inséré dans une pochette plastique et sur lequel sont écrites des indications en grosses lettres rouges. On peut notamment lire sur ce document le nom du propriétaire de l’élevage. « Il était prévu visiblement qu’ils enlèvent trois chevaux : la jument et sa pouliche mais aussi un étalon de quatre ans qui se trouvait dans une autre prairie, à 200m de là. La veille, nous avons été balader avec lui et il n’avait pas l’air en forme. Je l’ai donc remis dans un box. C’est sans doute ce qui l’a sauvé ».

Sur le document toujours, et dont une photographie a été publiée sur Facebook par Joël Grandjean sur la page de l’élevage, on peut lire que les ravisseurs avaient prévu de retourner par les petites routes en direction de l’Allemagne puis de se diriger vers la Pologne et la Tchécoslovaquie. Mais est-ce un document authentique ou un faux indice destiné à mener les propriétaires de l’équidé sur une fausse piste ? Nul ne le sait. « Selon moi, il s’agit de fausses informations. On essaie sans doute de nous mettre sur une fausse piste ».

Le même genre de document a également été retrouvé voilà 15 jours en Alsace, à l’endroit où a été volée là aussi une jument noire. Un PV a été dressé et cette pièce à conviction se trouve aujourd’hui entre les mains de la police française, qui n’a pas encore retrouvé la trace de l’animal volé. Selon certains, il pourrait s’agir d’une bande organisée qui renverrait les chevaux vers l’Est de l’Europe. « Nous avons prévenu l’Afsca au niveau européen. Ils contrôlent l’exportation des chevaux. On leur a signalé que notre jument, et donc sa puce, a été volée. Elle a donc été annulée. Ils ne peuvent plus rien faire normalement maintenant ». Pour l’éleveur, sa jument a clairement été volée pour sa génétique et non pour sa viande. « Des juments ardennaises de robe noire, il n’y en a pas beaucoup. Un tel cheval doit valoir entre 6.000 et 7.000 euros. Avec ma femme, nous élevons 14 chevaux par passion. C’est un hobby. Et nous sommes réputés pour la qualité de nos chevaux. C’est important pour nous ». En plus de 15 ans d’élevage, Joël et son épouse n’avaient jamais été victimes de vol.

Le couple a déposé plainte auprès de la police. Une enquête a été ouverte. Les éleveurs ont aussi lancé un appel sur les réseaux sociaux, dans l’espoir de retrouver leur jument volée. À l’heure d’écrire ces lignes, leur publication a déjà été partagée plus de 4.600 fois. Mais cela n’a pas encore permis de retrouver la trace de la jument ni de ses ravisseurs. « Pour le moment, on a encore un espoir de retrouver sa trace et de la retrouver vivante. On y croit encore », nous confie, plein d’espoir, Joël. Lui et son épouse promettent une récompense « à toute personne pouvant nous aider à la retrouver » et invitent les autres propriétaires de chevaux à faire preuve de vigilance.

Notre sélection vidéo
Aussi en Faits divers